The verdict

Une chanson me hante depuis que je l’ai entendue et hier elle était en phase avec mon état-drame …

« The verdict » est une chanson de Joe Jackson. Elle ouvre l’album « Body and Soul » de 1984 avec sa pochette inspirée des disques « blue note », celle de Dexter Gordon notamment….

Il est désormais aisé de s’y référer grâce à la technologie mais il me paraît intéressant de décrire ce que je ressens en l’écoutant…

C’est une sorte d’hymne à la valeur d’un individu dans la vie chahutée par le doute de l’amour, la réussite, le poids du destin…(et j’y lis peut-être l’esquisse d’une somme à cette heure de ma propre vie…)

Quel serait le verdict outre la mort ?

Toujours « essayer », sinon la vie ne serait que l’antichambre de la mort…

En voici une traduction rapide :

As-tu été bénéfique pour moi ?

L’ai-je été pour toi?

Quand j’assume mon âme,tu n’as pas l’air d’entendre

Est-ce possible ?

Suis-je idiot de me battre?

Je pourrais me contenter de faire ce que tu me dis de faire,

Mais je suis les élans de mon coeur et ça m’emmène ailleurs.

Ce n’est pas facile quand personne ne donne de valeur aux choses.’

J’attends dans les coulisses

J’attends que l’orchestre commence à jouer

Au début du concert

Je me demande ce que les critiques ont à dire.

En attendant,

En attendant le verdict.

🎷🎷🎺🎺🎺🎷🎷🎷🎺🎺🎺🎷🎷

🎶

Y’a des gens qui vivent si vite

Tant ils ont peur de vieillir

Y’a des gens qui n’arrêtent pas de bosser

Tout ce qu’ils font c’est tapisser d’or leur cercueil

Qu’est-ce qui arrivera à l’heure de notre mort on n’en sait rien

On sait juste que l’on meurt trop tôt

Mais il faut essayer sinon notre monde serait une salle d’attente.

Est-ce que tu témoignerais pour moi ?

Je crois que je le ferais pour toi

🎷🎷🎷🎺🎺🎺🎷🎷🎷🎺🎺🎺

Attendre dans l’obscurité

Toute la journée que le téléphone sonne

Mon témoin disparaît

Je me demande ce que va dire le jury.

En attendant,

En attendant,

Le verdict.

🎶

La forme empruntée est celle d’un hymne. Des cuivres martiaux (il en va de la vie…) ouvrent le morceau avant que le piano à la troisième mesure n’introduise un « apostrophe », une virgule de trois notes qui annonce l’entrée du chant de cette pièce très mélodique et fort peu aisée à chanter…

La forme est élégiaque.

Le premier couplet fait état des rapports de couples : « que s’apporte-t’-on l’un l’autre ? »

Quand l’un est dans le dévoilement de son moi le plus profond, l’autre l’entend-t’il ?

Et quand on suit ses propres inclinaisons, ne s’éloigne-t’on pas l’un de l’autre ?

Qui donne la valeur de ces choses ?

Personne, le doute persiste en amour comme en musique.

L’artiste est seul face aux critiques…lui aussi.

Petite virgule musicale, la page se tourne.

Des hommes, cette fois :

vivre vite pour ne pas se voir vieillir…ou travailler à s’en étourdir pour finalement mourir sur un matelas cousu d’or… est-ce cela la vie ?

Mais il faut gesticuler, s’agiter, essayer car vivre ne peut vouloir dire se résoudre à attendre la mort.

Est -ce que tu témoignerais pour moi ?

Attendre vainement un appel…

Et si je n’ai plus de témoin ?

Que dira le jury ?

N’attendons pas le verdict même si l’angoisse est prégnante est pour moi la portée de « the verdict ».

Ce n’est pas tant la portée des paroles de cette chanson pop somme toute assez triviale que son intrication avec la musique qui en fait une seule et même entité magnifiquement portée par la voix magnifique de Joe Jackson.

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