Elsa Triolet/ Le premier accroc coûte deux cents francs

En préface d’une longue nouvelle ou d’un court roman, Elsa Triolet écrit ces mots enthousiastes puis amèrement lucides car en pleine guerre qui veulent « sauver l’amour’ à tout prix…

« J’ai envie de parler de la rose et du rossignol, d’une belle nuit, d’une belle journée et d’une belle vie, du bonheur et de drames fragiles, faciles et inconsistants…

Que la femme soit belle, que l’homme soit grand et généreux, que l’air autour d’eux soit pur et sans danger, que les eaux soient bleues et tièdes comme les cieux, que la terre soit fleurie sous le pas léger du couple, que le destin lui laisse le temps de voir chaque feuille sur les arbres, chaque insecte sur son brin d’herbe, chaque mouvement du coeur, de la pensée…Mais la vie me tient par le poignet et je tombe, je tombe, comme si j’avais une pierre au cou jusqu’au fond de la réalité. »

Elsa Triolet, prologue à « La vie privée ou Alexis Slavsky, artiste peintre ».

Saint-Donat, 1943

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