Le contrat social/ « le droit du plus fort »/ J.J.Rousseau (1762)

Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir. De là le droit du plus fort ; droit pris ironiquement en apparence, et réellement établi en principe : Mais ne nous expliquera-t-on jamais ce mot ? La force est une puissance physique ; je ne vois point quelle moralité peut résulter de ses effets. Céder à la force est un acte de nécessité, non de volonté ; c’est tout au plus un acte de prudence. En quel sens pourra-ce être un devoir ?Supposons un moment ce prétendu droit. Je dis qu’il n ‘en résulte qu’un galimatias inexplicable. Car sitôt que c’est la  force qui fait le droit, l’effet change avec la cause ; toute force qui surmonte la première succède à son droit. Sitôt qu’on peut désobéir impunément on le peut légitimement, et puisque le plus fort a toujours raison, il ne s’agit que de faire en sorte qu’on soit le plus fort. Or qu’est-ce qu’un droit qui périt quand la force cesse ? S’il faut obéir par force on n’a pas besoin d’obéir par devoir, et s’il on n’est plus forcé d’obéir on n’y est plus obligé. On voit donc que ce mot de droit n’ ajouté rien à la force ; il ne signifie ici rien du tout.
Obéissez aux puissances. Si cela veut dire cédez à la force, le précepte est bon, mais superflu, je réponds qu’il ne sera jamais violé. Toute puissance vient de Dieu, je l’avoue ; mais toute maladie en vient aussi. Est-ce à dire qu’il soit défendu d’appeler le médecin ?
Qu’ un brigand me surprenne au coin d’un bois : non seulement il faut par force donner la bourse, mais quand je pourrais la soustraire suis-je en conscience obligé de la donner ? Car enfin le pistolet qu’il tient est aussi une puissance.
Convenons donc que force ne fait pas droit, et qu’on est obligé d’obéir qu’aux puissances légitimes. Ainsi ma question primitive revient toujours.Le peuple souverain le samedi 21 novembre place des droits de l’homme au Trocadéro redira son opposition au projet de loi sécurité globale après les exactions de la police du samedi 21 au soir (triste ironie…)et du lundi 23 place de République contre les migrants.
Rendez-vous samedi 27 sur cette même place à 14h.
Venez nombreux citoyens poètes  !

Les galaxies des bouts de verre…

Dans mon espace d’asphalte

Et de goudron sombre

Qui a enceint la terre

Mon vol à vélo

Evite sous ses roues, ses ailes,

Les galaxies de bouts de verre

Qui miroitent au soleil

Et comme les orages

magnétiques

Menacent mon voyage.


Ce ne sont pas

De petits hommes verts

Qui attentent à mon parcours

Mais des hommes ivres

Et leur désespoir rageur

Du dernier flacon bu

Qu’ils brisent,

Niant tout bonheur

Toute légèreté

Au delà de leur ivresse pesante.


Et si je crève, « pas de malheur ! »

Me revoilà sur la route,

Bipède d’avant l’invention

De la roue

Poussant mon destrier de fer

Sans élégance

Qui ne réside que dans l’allure !

Quand tes yeux..

Quand tes yeux me regardent,

Me vient l’envie d’amour

À nous donner,

Et à nous prendre

Entends-tu encore ma musique ?

Tu vas ta vie,

Tu ne sais même pas

que je t’attends,

Comme des vendanges à venir :

Angoisse et joie mêlées.

La pulpe de

tes pupilles :

Un raisin vert

Que pieds nus

Je piétine tendrement.

Ce vin aura-t-il du corps ?

Je te dis : »prends le mien ! »

En prenant de la bouteille,

J’ai peur de ne pas bien vieillir…

Toi, tu n’en as cure !

Tout ce que j’entends est musique…

Le jazz m’appelait

Dans sa plénitude,

Qui fait durer l’amour,

Le blues était là

Quand je le perdais,

Le Rock son fils insolent,

Avait peur de vieillir,

donc de la vie,

Moi un peu aussi…

Les violons dans les frondaisons

De la Symphonie Pathétique

Que ma mère me faisait

Écouter enfant,

Étaient forêts de mémoire

Et mon père

Louis et son rire,

Le sang d’un fleuve,

Puis ce nom

« Django Reinhardt »

Entendu intrigué

Comme une corde qui claque

Le jour de ma première guitare

Le jazz m’appelait

Dans sa plénitude….